
il y a des mots
Il y a des mots qui enivrent et partent à la dérive.
S'accrochent au cerf-volant, flottent au gré du vent tels
des goélands tout blancs...
Il y a des mots qui dansent et taquinent... écumant la
vague du désir puis, s'excitent au contact de la caresse du
vent...
Il y a des mots qui pèsent dégringolant la falaise... tels
des fous de bassan trop lourds pour s'envoler à la
rencontre du soleil levant...
Il y a des mots-galets qui s'échouent sur la plage du
coeur. Bijoux sculptés par le fond de la mer et dont le
sable fin devient l'écrin...
Il y a des mots-coquilles qui s'entrouvrent pour se gaver
de plancton nourricier... puis, s'agrippent au rocher pour
s'y incruster et y rester...
Il y a des mots de brume qui traversent la côte figée par
la lourdeur du temps passé. Mots chaloupés, mots égarés
cherchant le phare illuminé...
Il y a des mots-plumes offerts par la mouette, des mots
d'étoiles amères, des mots qui se retirent comme la
marée... Des mots gênés, des mots-épaves échoués. Des mots
galvaudés par le vent salin...
Il y a mes mots mêlés aux tiens, des mots-filets pour
t'accueillir...
Il y a mes mots mêlés aux tiens, vaguelettes caressantes
pour la plage de ton coeur qui m'attire. Mots bleus ou
argentés... Mots doux à susurrer...
Il y a mes mots-sirènes qui te chantent sérénade. Mots qui
enchantent, mots enjôleurs t'invitant à me rejoindre dans
les profondeurs océanes de mon coeur!
Il y a des mots. Il y a les miens et puis les tiens. Ils
s'échevèlent et s'entremêlent. Mots soupirés, mots
flottants qui voilent et dévoilent. Mots qui traversent
l'océan du temps...
Il y a des mots qui restent, des mots écrits, des mots
jolis et des mots maudits... Il y a des mots de magie
blanche et des mots porteurs de noirceur...
Mon plus grand désir c'est de t'apporter des mots-soleils
pour éclairer ta vie, la rendre si jolie que tu en seras
ébloui. Te faire traverser les nuages pour que ton coeur
éclate de bonheur!
Les entends-tu?
Jovette
Mimeault

Ballade
des amants à la tombée du jour
Tu entends
ses pieds nus sur la berge.
Tu sens son ombre ardente
dans les lumières tombées
du rouge crépuscule.
Comme un vent d'abeilles,
tu entends la sève lentement nourrir
le feu de la main qui te cherche
et tu écoutes sur les lèvres
les champs
de blé de juin qu'agite une brise de coquelicots.
La peau aimée, le temps arrêté,
la lumière d'or sur les hautes branches,
les doux yeux clairs,
les airs et les cheveux,
la parole obscure
au fond de la rivière
et son silence.
La joue livrée,
la vallée solitaire
qui descend avec la rivière,
les pierrailles blanches
sous le chant de l'eau claire...
Mais, en touchant ses épaules,
du dos s'élève
une colombe triste.
Et c'est la nuit.
Francisco
Álvarez Velasco

la
véritable amitié
La plus La
véritable amitié est pure
Elle ne recherche aucune faveur en retour
"Elle élève celui qui la donne "
La véritable amitié est généreuse
Elle est plus forte que tout les préjugés
"Elle anoblit celui qui la donne"
La véritable amitié est magnanime
Elle ne pose aucune condition
"Elle embellit celui qui la donne
La véritable amitié est absolue
Elle n'est jamais donnée par miettes
"Elle fait honneur à celui qui la donne
La véritable amitié est fidèle
Elle n'est pas altérée par le temps
"Elle honore celui qui la donne "
La véritable amitié est tenace
Elle est faite de loyanté et de franchise
"Elle grandit celui qui la donne"
La véritable amitié est spontanée
Elle ne fait l'objet d'aucun marchandage
"Elle récompense celui qui la donne
La véritable amitié est sincère
Elle ne pose pas de condition
"Elle enrichit celui qui la donne"
Une belle amitié c'est
comme un arbre Grand , Fort, Et tout fleuri
De Henri de Lacordaire

Merci à
la vie.
Merci à la
vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné deux yeux et quand je les ouvre
Je distingue parfaitement le noir du blanc
Et là-haut dans le ciel, un fond étoilé
Et parmi les multitudes, l'homme que j'aime.
Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné d'entendre, oreilles grandes ouvertes
Enregistrer nuit et jour grillons et canaris,
Marteaux, turbines, aboiements, orages,
Et la voix si tendre de mon bien-aimé.
Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné la voix et des lettres
Avec lesquelles je pense les mots, et je dis
Mère, ami, frère, lumière qui éclaire
Le chemin de l'âme que j'aime.
Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné de marcher de mes pieds fatigués
Et j'ai ainsi parcouru villes et marécages,
Plages et déserts, montagnes et plaines
Jusqu'à ta maison, ta rue, ta cour.
Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné un coeur qui devient débordant
Quand je vois le fruit du cerveau humain ;
Quand je vois la distance qu'il y a entre le bien et le mal
Quand je vois le fond de tes yeux clairs.
Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné le rire, elle m'a donné les pleurs.
Ainsi, je distingue le bonheur du désespoir
Ces deux éléments qui forment mon chant,
Et votre chant qui est le même chant,
Et le chant de tous, qui est encore mon chant.
Violeta
Parra

A MEDITER
Quand le
silence est grand
Tout le reste n'est que faiblesse...
La meilleure façons d'adoucir ses peines
C'est de soulager celles des autres...
La sagesse c'est d'apprendre à ne pas souffrir...
Les guerres sont toujours provoquées
Par ceux qui nous promettent la paix...
Tant que la couleur de la peau
Sera plus grande que celle des yeux
Ils y aura des guerres...
Des fleurs meurent chaque jour
Mais où va leur parfum...
Une des choses les plus tristes chez l'homme
C'est sa manière de vieillir...
La seule obligation dans n'importe quelle vie
C'est d'être vrai envers soi-même..
Personne ne peut fuir son coeur
C'est pourquoi
Il vaut mieux l'écouter...
Quand la réalité est trop difficile
Ferme les yeux
Et continue de rêver...
C'est dans les nuits les plus noires
Qu'on voit les plus belles étoiles...
Il y a tant d'envies et de rêves
Qui peuvent naître d'une souffrance...
Regarde toujours ce qui naît
Et non ce qui meurt...
Nos rêves et nous sommes les seuls à savoir
Ce qu'il nous en a coûté pour les rêver...
C'est quand on a rencontré
L'essentiel et l'invisible de quelqu'un
Qu'on ne peut plus s'en séparer..
Le monde est tout petit
Quand l'amour est grand
Un homme qui ne sait pas pleurer
Me ferait très peur...
Je donne à ma main droite
La permission d'écrire
Ce qui se cache dans mon âme...
Je me sentais seule et triste
Et lorsque je me suis demandé
Ce qui manquait à ma vie
Mon coeur m'a dit
Que c'était toi...
Si tu ne sais pas où tu vas
Retourne-toi et regarde d'où tu viens
Ensuite poursuis ton chemin...
Il est d'étranges soirs
Où les fleurs ont une âme...
CLAIRE DE LA CHEVROTIERE

Il n' y a
pas d'amour heureux
Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force
Ni sa faiblesse, ni son coeur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qui 'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots " Ma vie " et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux
Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui, pour tes grands yeux, tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux.
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux
Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous deux
Louis Aragon
(La Diane Francaise, Seghers 1946)

le
courage c'est
C'est cet enfant qui affronte tous les soirs les déboires
de ses parents.
Qui s'enferme dans un mutisme total pour avoir un peu moins
mal,
et dans un flot de larmes attend le matin pour fuir ce
terrible chagrin.
C'est ce même enfant, bien qu'il n'y soit pour rien, qui
reçoit des
coups...
Il ne dit rien... Trouve sûrement que c'est normal et pense
encore que
c'est sa faute !
C'est cet enfant qui se bat contre la maladie :
Qui le condamne à grandir trop vite et à se passer de
toutes les
insouciances des enfants de son âge.
Ce qui me frappe le plus en eux, c'est leur maturité et
leur clairvoyance,
ils sont remarquablement lucides et affronttent leur
maladie bien mieux
que certains adultes.
C'est cette mère qui se dévoue pour élever ses enfants:
Parfois seule, elle assume les deux fonctions : père et
mère, pour le
mieux. Elle lutte de toutes ses forces pour que ses enfants
ne se jettent
pas dans la drogue ou autres fléaux et les aide à s'en
sortir, malgré
eux,
elle est toujours là...
C'est cette même mère qui a peur pour sa fille, peur
qu'elle ne devienne
mère avant l'âge et qu'elle gache sa vie, comme tant
d'autres ont gaché
la leur, au noms de quelques perfidies masculines !
Elle a tellement peur pour eux, elle voudrait ce qu'il
existe de mieux,
mais elle n'est souvent pas comprise et l 'amour fait place
alors au
ressentiments, aux incompréhentions...
C'est cette femme violée :
A qui ont a pris toute sa dignité, traumatisée, elle ose
quand même lever
la tête, et va porter plainte contre son agresseur.
C'est affronter la maladie :
Lui montrer qu'envers et contre tout , on est plus fort
qu'elle. C'est
mettre
un beau chapeau et aller faire la fête avec les autres, en
enfouissant sous
ce dernier les ravages du cancer, en ravalant la douleur à
l'intérieur.
C'est cet aveugle ou cet handicapé:
Qui met son handicap de côté pour braver les tempêtes, pour
se prouver et
montrer aux autres, que malgré tout, des choses
fantastiques peuvent êtres
faites !
C'est s'ouvrir aux autres :
Faire abstraction de toutes ses douleurs, pour essayer de
donner aux autres
un grain de bonheur.
C'est vaincre et aller de l'avant :
Jour après jours vaincre les horreurs du monde et tendre la
main à celui
qui en a le plus besoin.
C'est regarder le moins possible en arrière, essayer de
surmonter les problèmes
et penser qu'il y a toujours une solution quelque part et
garder toujours
un oeil sur la victoire.
C'est oser dire ce qu'il y a à l'intérieur de notre coeur.
Sans peur, sans fausse pudeur, dire simplement que l'on
aime, jour après
jour.
C' EST DONNER toujours à l'autre sans rien lui demander en
retour.
C'est d'aimer envers et contre tout .
L'amour triomphe de tout, grâce à l'amour les frontières
sont abolies.
C ' EST AIMER TOUT SIMPLEMENT.
françoise BEXIGA

Tu seras
un homme, mon fils
Si tu peux
rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi;
Si l'attente, pour toi, ne cause trop grand-peine -
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï,tu ignores la haine,
Sans avoir l'air trop bon, ni parler trop sagement
Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre;
Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par des coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux;
Tu seras une Homme, Mon Fils
Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup -
Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret
À servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l'arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne : « Tiens bon! »
Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros;
Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
À toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.
De KIPPLING

Un enfant
Pourquoi faut-il que
l’enfant paie
Pour les erreurs de ses parents
Pourquoi doit-il être raisonnable
Un enfant, pourquoi doit-il pleurer?
Pourtant l’enfant devrait être épargné
Car la vie s’en chargera bien assez tôt
Pourquoi doit-il être séparé
Un enfant, pourquoi doit-il pleurer?
Pourquoi l’enfant doit-il être emmené
Et vivre dans un foyer inconnu
Pourquoi doit-il faire son grand
Un enfant, pourquoi doit-il pleurer?
Pourquoi l’enfant si innocent
Doit-il payer aussi chèrement
Pourquoi est-il privé de tendresse
Un enfant, pourquoi doit-il pleurer?
Et quand l’enfant devient adolescent
Et qu’il cherche son chemin
Pourquoi encore faut-il l’humilier
Un adolescent, pourquoi doit-il payer?
Lise
6 mai, 2008
http://www.chezclaudy.com
Encore
rêver
J’ai
envie de voyages
Dans des lieux de mystère
Vers d’autres paysages
Il en est tant sur terre
Certains jours tout est gris
Rien ne me semble beau
Et d’autres jours j’ai envie
De voir un joli tableau
J’imagine un grand champ
Où l’herbe serait verte
Avec des fleurs dedans
Et notre jolie maisonnette
Pour rehausser mon pastel
J’y mettrais tout là-haut
Des oiseaux dans le ciel
Dans l’herbe des chevaux
Un ruisseau y coulerait
Avec un joli ponceau
Les canards s’y baigneraient
J’aurais mes deux pieds dans l’eau
Il ferait toujours soleil
Les pommiers seraient en fleurs
Chaque matin à mon réveil
Je serais rempli de bonheur
Je voudrais toujours vivre ici
Ce serait un peu le paradis
Voici depuis des décennies
L’image que j’ai de la vie
Poème
de Claude Marcel Breault

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